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Conjoncture et hôtellerie

Le risque de défaillances dans l'hôtellerie française augmente

Mis à mal par une conjoncture morose et par la concurrence de nouveaux acteurs, le secteur hôtelier français fait face à une augmentation du risque de défaillances, selon un constat dressé lundi dans une vidéo réalisée par le cabinet Xerfi. "Le nombre de nuitées qui était bien installé au-dessus des 200 millions en cumul sur 12 mois a brutalement décroché jusqu'à l'automne dernier et la remontée est très poussive", explique Alexandre Mirlicourtois, directeur de la conjoncture et de la prévision de Xerfi.

Par ailleurs, l'indicateur de défaillance dans l'hôtellerie établi par le cabinet est en "hausse quasi constante depuis la mi-2008". En 2008, l'indicateur "Xerfi Risk" pour l'hôtellerie était inférieur à 25 et il campe depuis le début de l'année 2015 au-dessous de 50. Cet indicateur s'appuie sur un panel d'entreprises représentatif du secteur. Il détermine la probabilité de défaillance des sociétés qui le composent, c'est-à-dire la probabilité qu'elles passent d'un statut juridique sain à une situation de redressement ou de liquidation. "En forçant un peu le trait, le risque de défaillance est passé de "faible", voire quasiment inexistant, à "élevé" selon notre classification", constate M. Mirlicourtois.

En cause selon lui: un contexte économique très défavorable qui pousse les Français à tailler dans leur budget vacances et oblige les entreprises à réduire le nombre de voyages d'affaires. A cela s'ajoutent l'essor des modes d'hébergement alternatifs et "l'omniprésence des plateformes de réservation électroniques". Ces dernières ont favorisé la concurrence en provoquant une stagnation des prix, mais elles prennent dans le même temps des commissions "très élevées variant de 10% à 25% du chiffre d'affaires généré, captant une partie de la marge des hôteliers". L'avenir n'est pourtant pas complèment noir, dans la mesure où la conjoncture se redresse et où les hôteliers font l'objet d'une attention "forte du gouvernement", note l'analyste.

"Laurent Fabius a annoncé le 11 juin la création d'un fonds d'investissement pour aider les hôteliers à rénover leurs établissements et une semaine plus tard le projet de loi macron prévoit la suppression de la clause de parité tarifaire qui obligeait les hôteliers à proposer les mêmes prix sur tous les canaux de réservation", rappelle M. Mirlicourtois.

 

Source : Business Immo