L’estimation d’un appartement consiste à définir son attractivité autant par sa localisation géographique, son environnement et le standing de l’immeuble dans lequel il s’inscrit, que par la qualité des équipements et aménagements qui lui sont propres.
Bien que paraissant à la portée de tous, la valorisation d’un appartement intègre plusieurs variables qu’il convient d’apprécier à leur juste valeur.
Ainsi, l’adresse en elle-même est un facteur de valeur. Certaines villes et quartiers, au sein d’une même commune, sont plus ou moins appréciés selon l’environnement qu’ils offrent : équipements collectifs, proximité des services et commerces, dynamique culturelle, sécurité, etc.
L’attractivité du quartier impacte directement le prix, avec des différences notables d’un secteur à l’autre.
La qualité de la construction est également à considérer. L’expert tiendra compte de l’année de construction, appréciera la qualité des matériaux, la structure de l’immeuble, et réalisera un état des travaux à prévoir à court ou moyen terme.
Concernant les prestations, l’expert s’attardera sur la distribution des pièces, l’orientation, la vue, le confort (type de chauffage, présence d’un extérieur, aménagements intérieurs…), l’étage, la présence d’annexes (garage, caves…) et les services offerts dans le cas de copropriétés récentes ou de standing.
L’analyse du montant des charges — et parfois des tantièmes de copropriété — devra aussi être prise en compte (loyer chargé, travaux lourds en prévision, mise aux normes des ascenseurs, etc.).
La législation et la fiscalité de l’appartement seront également analysées, puisque diverses lois interviennent dans la valorisation (loi du 1er septembre 1948, loi du 6 juillet 1989 relative aux baux d’habitation, loi du 10 juillet 1965 relative à la copropriété), ainsi que les impacts fiscaux (résidence principale ou secondaire, location meublée, défiscalisation, régimes de détention).
La veille juridique et la mise à niveau constante font partie des qualités de l’Expert immobilier.
Une fois l’analyse des facteurs de valeur réalisée, l’estimation d’un appartement libre à la vente s’effectue par la comparaison avec des biens similaires récemment vendus sur le marché.
L’expert déterminera un prix moyen au m² habitable selon les tendances de marché et les comparables, afin d’établir la valeur du bien étudié.
L’estimation par comparaison est mise en parallèle avec une seconde méthode, secondaire, appelée capitalisation du revenu (par le rendement). Toutefois, la valeur vénale est généralement arbitrée sur la méthode par comparaison.
L’estimation par le rendement intègre des données économiques liées :
– aux conditions d’occupation (régime des baux, évolution possible des loyers, qualité du locataire, présence ou non d’impayés),
– à la conjoncture,
– et aux taux de rendement attendus par les investisseurs à un moment T.
Pour la valorisation d’un logement loué, les deux mêmes méthodes s’appliquent, en tenant compte d’un abattement pour occupation. L’analyse de la protection éventuelle du locataire, du niveau locatif et des caractéristiques du bail permet de définir cet abattement.
Cette décote oscille généralement entre 7 % et 20 % pour des logements loués dans le cadre de la loi de 1989.
Enfin, pour la valorisation des logements en bloc, un abattement supplémentaire pour vente en bloc est généralement compris entre 5 % et 20 %. Cette décote prend en compte notamment : honoraires de commercialisation, frais financiers et marge.
Pour la valorisation de logements en bloc, une troisième méthode peut être retenue : la vente en bloc à un opérateur (type marchand de biens) qui revend ensuite lot par lot, après mise en copropriété (ou « vente à la découpe »).
Cette méthode repose sur la réalisation d’un cash-flow :
– détermination du chiffre d’affaires théorique et analyse des conditions d’occupation,
– définition de la stratégie de vente (vente du logement libre, vente à l’occupant, vente du logement occupé).
Les flux (revenus et ventes) sont actualisés pour déterminer la valeur vénale.
La législation des ventes à la découpe est aujourd’hui très encadrée (loi du 13 juin 2006). Les dernières réglementations sont notamment la loi Alur (mars 2014) puis la loi Macron (janvier 2015), qui a introduit que, dans les zones tendues, un immeuble comportant plus de cinq logements mis en copropriété voit ses baux prolongés afin de maintenir le locataire en place pour une durée minimale de 6 ans après le changement de statut de l’immeuble.


