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  • Réal Valuation

    Point marché : l’immobilier de bureaux France en 2025

    Immobilier de bureaux en France – Analyse 2025

    Investissement : un marché fragilisé mais en voie de stabilisation

    Après deux années de correction liées à la hausse des taux, 2025 marque un point d’inflexion pour le marché de l’investissement en bureaux.

    Les volumes restent faibles par rapport aux moyennes décennales, mais on observe une reprise sélective, portée par un contexte financier qui se normalise et un regain d’intérêt pour les actifs de qualité.

    – Volumes : toujours bas mais légèrement orientés à la hausse début 2025.

    – Taux de rendement prime : stabilisés autour de 3,9–4 % à Paris QCA ; compris entre 5,0 et 5,5 % dans les grandes métropoles régionales.

    – Écart prime / non prime qui se creuse :

    – Les actifs très bien situés, performants ESG et sécurisés sont les seuls à attirer des offres fermes.

    – Les immeubles obsolètes, mal isolés ou éloignés des transports continuent de subir une décote importante et des délais de commercialisation longs.

    – Les stratégies d’investisseurs évoluent : montée du value-add (restructurations, requalifications) et intérêt marqué pour les opérations de transformation (logements, hôtellerie, coliving…).

     

    En résumé, l’investissement reste prudent, mais le marché semble avoir atteint un plancher.

    Marché locatif : un fonctionnement à deux vitesses

    Le marché utilisateurs poursuit sa transformation, sous l’impact durable du télétravail et de l’exigence croissante de qualité.

    Demande placée

    – En Ile-de-France, les volumes placés de 2024 et du début 2025 restent en dessous des moyennes 5 ans, même si l’activité se stabilise.

    – En régions, la demande placée reste modérée, notamment dans les villes où l’offre neuve se raréfie.

    Vacance

    – IDF : ~10 % de vacance, avec plus de 7 millions de m² disponibles.

     

    Forte polarisation :

    – Paris QCA : vacance faible et tension haussière sur les loyers.

    – Périphéries : vacance élevée (jusqu’à 15–20 % dans certains secteurs), particulièrement sur les immeubles des années 1980-2000 non rénovés.

    Loyers et conditions locatives

    – Loyers prime dans Paris QCA : autour de 1 200 à 1 250 €/m²/an.

     

    Conditions financières différenciées :

    – Franchises limitées dans les secteurs premium (<20 % des loyers).

    – Incentives >30 % dans les zones sur-offertes (La Défense, 1ère couronne Nord…).

     

    Les utilisateurs privilégient des surfaces moins nombreuses mais mieux situées, avec une attention accrue au confort, à la certification environnementale, aux services et à l’accessibilité en transport.

    Tendances structurelles : un parc qui doit se réinventer

    Télétravail & hybridation

    Le télétravail hybride, désormais ancré (~2 jours/semaine pour une grande partie des salariés tertiaires), réduit les besoins en surface classique et renforce la demande pour les espaces flexibles et serviciels.

    Obsolescence et transitions ESG

    Une part importante du parc existant est considérée comme énergivore ou obsolète, ce qui amplifie la vacance et génère un besoin massif de rénovations lourdes.Les entreprises privilégient les immeubles :

    – labelisés (HQE, BREEAM, WiredScore…),

    – sobres en carbone,

    – permettant une optimisation des coûts d’exploitation.

    Recyclage : une réponse au stock vacant

    Le volume très élevé de bureaux vides pousse à la reconversion :

    – transformations en logements,

    – en résidences gérées (coliving, étudiants),

    – ou en hôtels / activités tertiaires innovantes.

    Les pouvoirs publics encouragent ces opérations, même si leur faisabilité reste hétérogène selon les localisations.

    Conclusion 2025

    L’immobilier de bureaux en France reste dans une phase de mutation profonde :

    – Le marché de l’investissement est prudent mais se stabilise, avec une nette sélectivité.

    – Le télétravail et les exigences ESG redéfinissent les standards du « bon immeuble ».

    – La reconversion devient un axe majeur de création de valeur.

    2025 apparaît comme une année charnière : les bureaux de qualité, bien situés et performants ESG resteront attractifs, tandis que les actifs vieillissants devront être restructurés ou réinventés.

  • Réal Valuation

    Travaux & DPE : ce qu’il faut savoir

    Il faut savoir que des aides sont disponibles notamment ma prim renov et dans le cas de certaines grosses rénovations, il est possible de monter un dossier auprès de l’ANAH.

    Un dossier d’aides financières auprès de l’Anah, qu’est ce exactement ?

    L’octroi des aides financières de l’Anah dépend de conditions relatives au bénéficiaire, au logement, à la nature des travaux envisagés, ainsi qu’au respect de certains engagements par le bailleur.

    Un dossier complet est à réaliser, l’accord d’une subvention par l’Anah n’est pas automatique.

    Qui est éligible ?

    Il s’agit des propriétaires et des usufruitiers qui louent leur logement ou le mettent à disposition d’autrui.

    Quels logements ?

    – Il s’agit d’un logement ou d’un local à usage d’habitation destiné à être occupé à titre de résidence principale.

    – Il n’a fait l’objet d’aucun financement public au cours des cinq dernières années (Prêt à taux zéro (PTZ) notamment), sauf lorsque le logement est situé dans le périmètre d’une OPAH

    – Il doit respecter les caractéristiques de la décence (décret du 30.1.02 : JO du 31.1.02), c’est-à-dire ne pas présenter de risques manifestes pour la sécurité physique et la santé des occupants et être pourvu des équipements habituels permettant de l’habiter normalement

    – Après travaux, il doit être loué ou mis à disposition à titre de résidence principale pendant une période donnée. Sauf exception, l’engagement de louer est obligatoirement souscrit par le bailleur dans le cadre du conventionnement Anah (respect de plafonds de loyer et de ressources du locataire) ;

    – Il est achevé depuis au moins 15 ans à la date de la notification de la décision d’octroi de la subvention (CCH : R.321-14 / RGA : art. 6).

    – Aucune condition d’ancienneté ne peut toutefois être exigée lorsque les travaux envisagés tendent à adapter des logements aux besoins spécifiques des personnes handicapées ou âgées.

    Quels travaux sont éligibles au dispositif ANAH

    Les travaux éligibles aux aides de l’Anah sont répartis en deux catégories :

    – les projets de travaux lourds pour réhabiliter un logement indigne ou très dégradé ;

    – les projets de travaux d’amélioration.

    Lorsque le bailleur envisage de réaliser des travaux non subventionnés par l’Anah, il dispose toujours de la possibilité de conventionner son logement et ainsi de bénéficier d’avantages fiscaux.

    Une évaluation énergétique doit être réalisée avant travaux et projetée après travaux. Elle est jointe au dossier de demande de subvention et comporte l’étiquette du logement.

    Afin de permettre la valorisation des CEE par l’Anah, l’évaluation énergétique doit attester que les travaux projetés :

    – ne conduisent pas à une hausse des émissions de gaz à effet de serre ;

    – permettent d’atteindre un gain de 35 % de performance énergétique ;

    – permettent d’atteindre une étiquette D incluse.

    Les modalités seront définies par instruction.

    Dans le cas où le projet est modifié en cours d’opération, le logement doit faire l’objet d’une nouvelle évaluation énergétique indiquant les valeurs après travaux correspondant au projet finalement réalisé.

    Quel engagement pour le bailleur

    Pour bénéficier de la subvention, le bailleur doit signer une convention par laquelle il s’engage à :

    – louer son logement à titre de résidence principale dans le cadre d’un bail soumis à la loi du 6 juillet 1989 ;

    – respecter un niveau de loyer maximal ;

    – louer son logement à un ménage ayant des ressources ne dépassant pas certains plafonds.

    Le conventionnement du logement donne lieu à un avantage fiscal (cf. § Avantages fiscaux).

    PETIT RAPPEL DPE :

    A compter du 1er janvier 2025, les logements classés en G ne peuvent plus être loués.

  • Réal Valuation

    Crédit immobilier : le recours à un expert immobilier nécessaire selon la BCE

    L’obligation de recours à un expert immobilier pour un financement bancaire : une nouvelle mesure en vigueur

    À partir de juin 2024, une nouvelle réglementation a été mise en place imposant aux emprunteurs de recourir à un Expert immobilier agréé pour toute demande de financement bancaire liée à l’achat d’un bien immobilier. Cette mesure qui fait débat, vise à renforcer la transparence et la sécurité des transactions immobilières, tout en protégeant les intérêts des acheteurs et des établissements prêteurs.

     

    Une évaluation professionnelle et indépendante

    Selon la nouvelle réglementation, chaque demande de prêt immobilier devra être accompagnée d’un rapport d’évaluation réalisé par un Expert immobilier certifié. Son objectif sera de produire une estimation précise et objective de la valeur du bien immobilier, en tenant compte de divers critères tels que l’emplacement, l’état général, la surface et les caractéristiques spécifiques du bien.

    L’objectif principal de cette mesure sera d’éviter les risques liés aux dettes en ne surévaluant pas les biens avec des montants de prêt disproportionnés comparativement à la valeur réelle du bien. En outre, cette évaluation permettra de détecter d’éventuels problèmes structurels ou juridiques, évitant ainsi les mauvaises surprises après l’achat.

     

    Une sécurité accrue pour les banques et les emprunteurs

    Pour les banques, cette obligation représente une sécurisation supplémentaire de leurs prêts. En disposant d’une évaluation fiable et indépendante, elles pourront mieux calibrer leurs offres de crédit et limiter les risques de défaut de paiement. De leur côté, les emprunteurs bénéficieront d’une meilleure connaissance de la valeur de leur futur bien, ce qui pourra les aider dans leurs négociations avec les vendeurs et les rassurer quant à la pertinence de leur investissement.

     

    Des réactions mitigées

    Les réactions à cette nouvelle réglementation sont partagées. Les associations de consommateurs saluent une initiative qui apporte plus de transparence et de sécurité aux transactions immobilières. Elles estiment que, malgré le coût, cette mesure protégera les acheteurs contre les surévaluations et les mauvaises surprises.

    En revanche, la Fédération Bancaire Française (FBF) indique que « l’article de la BCE généralise la situation des crédits immobiliers à l’échelle européenne sans prendre en compte les spécificités des différents marchés, pourtant structurantes ».

    En effet, avec le système français, l’emprunt bancaire est soumis à des règles bien précises, contrôlées notamment par le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) qui a vocation à limiter le surendettement des ménages français en encadrant l’accès au crédit immobilier (taux d’effort limité à 35%, durée d’emprunt de 25 ans maximum).

     

    Vers une standardisation des pratiques

    Cette obligation de recours à un Expert immobilier s’inscrit dans une tendance plus large de professionnalisation et de standardisation des pratiques dans le secteur immobilier. En imposant des évaluations rigoureuses et indépendantes, le gouvernement entend renforcer la confiance dans le marché immobilier et stabiliser les prix.

     

    Conclusion

    En conclusion, l’obligation de recourir à un Expert immobilier pour toute demande de financement bancaire marque une étape importante dans la sécurisation des transactions immobilières en France. Si elle engendre des coûts supplémentaires pour les acheteurs, elle vise avant tout à protéger leurs intérêts et ceux des établissements prêteurs. Cette mesure devrait contribuer à une plus grande transparence et stabilité du marché immobilier, à condition que sa mise en œuvre soit accompagnée de mesures facilitant l’accès aux évaluations professionnelles pour tous les acheteurs.

     

  • Réal Valuation

    Frais de notaire : de quoi sont-ils constitués ?

    Les impôts et les taxes

    Lors d’une transaction immobilière, l’acheteur règle des frais d’acquisition dont la majeure partie ne revient pas au notaire et est non négociable.

    – Les frais d’acquisition sont constitués à près de 80 % ou plus par les droits d’enregistrement ou de mutation (les Droits de mutation à titre onéreux ou DMTO).

    – Ces DMTO comprennent notamment la Taxe de publicité foncière (TPF) et les droits d’enregistrement, collectés par le notaire qui les reverse aux collectivités territoriales (département, commune, éventuellement État).

    – Pour les biens anciens, le taux « standard » des DMTO sur le prix de vente était jusqu’alors ~4,50 % pour la part départementale. Mais, à compter du 1er avril 2025, une réforme permet aux départements de relever cette part jusqu’à 5 %.

    – En pratique, le taux global des DMTO (part départementale + part communale + frais de recouvrement) peut s’élever à 6,319 % dans les départements qui ont appliqué le nouveau plafond dès 2025.

    – Cette hausse reste optionnelle pour chaque département et concerne les actes authentiques signés entre le 1er avril 2025 et le 31 mars 2028.

    – Les primo-accédants (acquéreurs de leur première résidence principale) sont exclus de cette hausse dans certains cas : le décret-loi prévoit que les départements peuvent prévoir une exonération ou réduction pour cette catégorie.

     

    La rémunération du notaire

    – Les honoraires (“émoluments”) du notaire restent calculés selon le barème réglementaire en vigueur (arrêté du 28 février 2020).

     

    Exemple de tranches :

    – Jusqu’à 6 500 € : 3,870 %

    – De 6 500 à 17 000 € : 1,596 %

    – De 17 000 à 60 000 € : 1,064 %

    – Au-dessus de 60 000 € : 0,799 %

     

    – Ces émoluments peuvent être minorés d’une remise allant jusqu’à 20 % pour la part calculée sur les sommes supérieures à 100 000 €.

    – À noter : même avec les barèmes qui n’ont pas changé, la partie « notaire » reste minoritaire dans les frais totaux, souvent ~10 % ou moins des frais d’acquisition globaux.

     

    Les frais et débours

    – Il s’agit d’une provision que l’acheteur règle au notaire afin de couvrir les divers frais : timbres fiscaux, courriers, consultation cadastre, etc.

    – En général, ces frais et débours représentent l’ordre de ~10 % des frais d’acquisition globaux.

    – Le notaire rend le solde non utilisé, ou peut demander un complément si la provision était insuffisante.

     

    Des frais d’acquisition réduits dans le neuf

    – Les composants sont les mêmes (taxes, émoluments, débours), mais le taux global est beaucoup plus faible.

    – En effet, pour un bien neuf ou une VEFA (vente en état futur d’achèvement), les frais d’acquisition sont souvent compris entre 2 % et 3 % du prix de vente.

    – Cette économie vient principalement d’un taux réduit de TPF/DMTO dans le neuf.

    – Exemple : pour les appartements ou maisons de moins de 5 ans, n’ayant jamais été cédés, le taux réduit était de 0,71 % dans certains cas.

    – Pour les autres biens neufs le taux max autorisé s’élevait à ~5,81 % pour l’ancien.

     

    Mises à jour 2025 à insérer

    – Le taux de base au-delà duquel les départements peuvent s’élever est désormais de 5 % pour la part départementale des DMTO.

    – Le taux global des frais d’acquisition pour l’ancien peut désormais atteindre ~6,31 % selon les départements.

    – L’entrée en vigueur : actes authentiques signés à compter du 1er avril 2025 (et dans certains départements après en mai/juin).

    – Le bien neuf continue de bénéficier de frais réduits, mais il est important de vérifier localement si la réduction (0,71 %) s’applique encore dans votre département.

    – Il est désormais plus important que jamais d’anticiper ces frais dans votre budget d’acquisition, notamment si vous achetez un bien ancien dans un département ayant voté la hausse.

  • Réal Valuation

    Alan Colin nommé Président du Groupe ABC

    Le Groupe ABC ouvre un nouveau chapitre de son développement avec la nomination d’Alan Colin à sa présidence. Il succède à Arnauld RAYE, dont l’engagement a largement contribué à la structuration et à la dynamique du Groupement ces dernières années. Expert immobilier reconnu et expert judiciaire près la Cour d’appel de Nancy, Alan Colin mettra son expérience au service du développement du Groupe, avec la volonté de renforcer les synergies entre les cabinets et d’accompagner ses prochaines étapes.

    Le Groupe ABC est un groupement d’experts immobiliers indépendants présents à Paris, en régions et dans les DOM-TOM. Il fédère aujourd’hui 8 cabinets d’expertise associés et près de 70 collaborateurs, intervenant sur l’expertise de tous types de biens, tant dans un contexte amiable que judiciaire. Cette organisation nationale constitue l’un des marqueurs forts du Groupement et participe à sa capacité d’intervention sur des problématiques variées, sur l’ensemble du territoire.

    La nomination d’Alan Colin s’inscrit dans la continuité de cette dynamique de développement. Elle traduit la volonté du Groupe ABC de poursuivre son rayonnement, de consolider les complémentarités entre ses cabinets associés et d’accompagner les prochaines étapes de son évolution dans un environnement immobilier toujours plus exigeant. À travers cette nouvelle présidence, le Groupement affirme sa volonté de continuer à porter une expertise immobilière indépendante, rigoureuse et reconnue.

    Alan Colin exerce par ailleurs des responsabilités au sein de la CNEJI en qualité de Secrétaire Général adjoint, ce qui vient également souligner son implication dans les instances professionnelles du secteur. Le Groupe ABC lui adresse tous ses vœux de réussite dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

  • Réal Valuation

    La croissance des expertises sur les résidences gérées en 2025

    En 2025, les résidences gérées occupent une place de plus en plus centrale dans le paysage immobilier français. Qu’il s’agisse des résidences seniors autonomes, des résidences étudiantes, des coliving ou encore des établissements hybrides mêlant hébergement et services, ces actifs bénéficient d’une dynamique portée par des tendances démographiques, sociétales et économiques fortes. Leur essor entraîne mécaniquement une hausse marquée des demandes d’expertise, car ils nécessitent une approche spécifique, à la croisée entre immobilier traditionnel et analyse opérationnelle. Les investisseurs institutionnels comme privés y voient une classe d’actifs résiliente, capable de générer des revenus récurrents grâce à un taux d’occupation élevé et une demande profonde, ce qui accentue l’intérêt pour la valorisation précise de ces produits.

     

    Cette croissance s’explique notamment par l’évolution des besoins des populations. Le vieillissement rapide de la société française crée une demande massive pour des solutions d’habitat adaptées, situées entre le domicile classique et l’EHPAD médicalisé. Les résidences seniors services, qui proposent un logement indépendant complété par des prestations (restauration, sécurité, animations), se positionnent comme une réponse à cette transition et bénéficient d’un taux de remplissage très élevé. Parallèlement, la pression sur le logement étudiant, renforcée par la pénurie de studios urbains et l’afflux d’étudiants internationaux, soutient fortement la demande pour les résidences étudiantes modernes. Enfin, les nouvelles générations mobiles – jeunes actifs, télétravailleurs, digital nomads – stimulent l’essor du coliving, modèle flexible basé sur la mutualisation d’espaces et de services. Ces évolutions profondes créent un marché solide, relativement insensible aux cycles économiques classiques, ce qui renforce l’intérêt des investisseurs et multiplie les besoins d’expertise.

     

    Pour l’expert immobilier, l’analyse de ces actifs diffère sensiblement de celle d’un immeuble classique. La valeur vénale d’une résidence gérée ne se limite pas à la performance locative du bâtiment : elle dépend aussi de la qualité de l’exploitant, de sa capacité à maintenir un taux d’occupation stable, du niveau de service proposé, de la structure des charges et, plus largement, de la réputation de la marque. L’expertise doit ainsi intégrer une dimension « valeur d’exploitation », comparable à ce que l’on observe dans l’hôtellerie, avec une attention particulière portée aux marges dégagées par l’opérateur, à sa solidité financière et à son positionnement concurrentiel. La maîtrise de ces paramètres devient essentielle pour anticiper la performance future de l’actif et mesurer sa sensibilité au marché.

     

    Cette spécificité suppose une approche méthodologique adaptée. L’expert doit souvent combiner plusieurs méthodes, notamment l’approche par le revenu net d’exploitation (NOI) et la méthode hôtelière, tout en vérifiant la cohérence des loyers appliqués et des ratios d’exploitation. Les contrats d’exploitation – souvent complexes – nécessitent une lecture attentive : durée ferme, indexation, clauses de performance, obligations de travaux, modalités de partage des risques entre propriétaire et gestionnaire. Les résidences gérées s’inscrivent ainsi dans une logique d’exploitation à long terme, où la valeur dépend tout autant du bâtiment que du modèle économique qui lui est associé. Cette hybridité renforce la technicité des expertises demandées.

     

    Dans ce contexte, les résidences gérées attirent un nombre croissant d’investisseurs, séduits par leur résilience et leurs rendements généralement stables. Les résidences seniors affichent souvent les performances les plus robustes, suivies des résidences étudiantes. Quant au coliving, encore émergent mais en forte croissance, il attire des fonds spécialisés et se développe dans les métropoles où la pression résidentielle est forte. Cette diversité d’acteurs et de modèles conduit à un volume d’expertises en nette augmentation, qu’il s’agisse de valorisations patrimoniales, de due diligences pour acquisitions, de refinancements ou de réévaluations réglementaires.

    Ainsi, l’année 2025 marque une étape dans la professionnalisation et la consolidation du secteur des résidences gérées. L’expertise immobilière occupe un rôle clé dans cet écosystème, en permettant d’évaluer la performance réelle des actifs, d’accompagner les investisseurs dans leurs arbitrages et de garantir la fiabilité des valeurs dans un marché en pleine expansion. Alors que les besoins sociétaux continueront de s’accentuer dans les décennies à venir, il est probable que ces actifs gérés s’imposent comme un segment incontournable de l’immobilier français, et que la demande d’expertise dans ce domaine poursuive sa croissance durable.

  • Réal Valuation

    Permis de louer à Bordeaux : tout ce qu’il faut savoir avant de louer votre logement

    Depuis 2022, la Ville de Bordeaux impose un permis de louer dans certains quartiers pour améliorer la qualité du parc locatif. Cette mesure, issue de la loi ALUR, vise à protéger les locataires et à lutter contre l’habitat indigne. En tant que propriétaire ou investisseur à Bordeaux, voici l’essentiel à connaître avant toute mise en location.

    Qu’est-ce que le permis de louer à Bordeaux ?

    Le permis de louer est une autorisation administrative préalable (ou déclaration selon la zone) exigée avant la mise en location d’un logement afin d’en vérifier la salubrité et la sécurité. À Bordeaux, le dispositif est piloté par Bordeaux Métropole et s’applique dans des périmètres fixés par arrêté municipal. Il s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre l’habitat indigne et de valorisation du parc locatif existant.

    Quartiers et communes concernées

    À Bordeaux, le permis de louer s’applique dans des zones où la proportion de logements dégradés est élevée, notamment :

    – La Victoire

    – La Bastide

    – Belcier

    Plusieurs communes de la métropole ont également déployé le dispositif. Le périmètre exact et la nature de la démarche (déclaration ou autorisation) dépendent de l’arrêté en vigueur. Selon Bordeaux Métropole, plus de 10 % des logements locatifs du centre-ville présentaient auparavant des risques de non-conformité, d’où la nécessité d’un contrôle préalable avant toute mise en location.

    Logements et locations concernés

    Le permis de louer cible les locations à usage de résidence principale, vides ou meublées, situées dans les secteurs d’application. Sont concernés les bailleurs souhaitant mettre en location ou rediviser un logement destiné à la location. Les biens en location saisonnière, les logements neufs ou ceux déjà contrôlés par d’autres dispositifs municipaux peuvent être exclus du périmètre.

    Démarches : déclaration ou autorisation préalable

    – Déclaration de mise en location : le bailleur notifie la mairie avec les pièces obligatoires (dont diagnostics).

    – Autorisation préalable : une instruction est réalisée par les services compétents (visite possible) avant toute mise en location. À défaut de réponse sous environ un mois, l’autorisation peut être tacitement acceptée.

    Pièces à prévoir et contrôle du logement

    – Diagnostics techniques (DPE, électricité/gaz le cas échéant, plomb pour les biens anciens, etc.).

    – Formulaire et pièces d’identification du propriétaire/bien.

    – En régime d’autorisation : visite possible et contrôle de conformité par les services municipaux.

    Ces vérifications visent à s’assurer que le logement respecte les critères de décence : surface minimale, aération, sécurité des installations et absence d’humidité excessive. Tout manquement peut entraîner une demande de travaux correctifs avant l’obtention du permis de louer.

    Sanctions en cas de non-respect

    Le non-respect du dispositif peut entraîner des amendes de 5 000 € à 25 000 € (selon la gravité et la récidive), la mise en conformité du logement et la suspension d’aides (CAF/CMSA). Les signalements peuvent être transmis aux services d’hygiène municipaux, à l’ARS et au Pôle Départemental de Lutte contre l’Habitat Indigne. Dans les cas les plus graves, un propriétaire peut se voir interdire temporairement de louer son bien jusqu’à sa régularisation.

    Pourquoi se faire accompagner par un expert local ?

    Les règles varient selon les secteurs et évoluent avec les arrêtés.

    S’appuyer sur un expert immobilier bordelais permet de sécuriser votre mise en location :

    – Vérification de la conformité et des diagnostics avant dépôt du dossier.

    – Montage du dossier administratif (déclaration ou autorisation).

    – Conseil patrimonial : analyse de la rentabilité locative et du potentiel du quartier.

  • Réal Valuation

    Albert MALAQUIN nommé Président de l’IFEI

    Le Groupe ABC se félicite de la nomination d’Albert MALAQUIN, Associé, à la présidence de l’IFEI – Institut Français de l’Expertise Immobilière. Cette nomination vient saluer son engagement de longue date au service de l’expertise immobilière, ainsi que son implication au sein du Groupe ABC. Elle illustre également la présence active du Groupement dans les instances professionnelles de référence du secteur.

    Créé en 1979, l’IFEI a pour objet la promotion et l’organisation de l’expertise en évaluation immobilière. Représenté dans toute la France, il rassemble des experts et des praticiens de l’industrie immobilière en lien avec l’expertise, anime des actions de formation et contribue à l’évolution des méthodologies de la profession. L’Institut est notamment à l’origine de la Charte de l’Expertise en Évaluation Immobilière, qui constitue un texte de référence dans le secteur.

    Au sein du Groupe ABC, Albert MALAQUIN figure parmi les associés du Groupement. Sa nomination à la présidence de l’IFEI vient ainsi souligner la reconnaissance de son parcours, mais aussi l’implication du Groupe ABC dans les réflexions qui accompagnent l’évolution de l’expertise immobilière. Elle témoigne d’une volonté partagée de promouvoir une pratique exigeante, rigoureuse et en prise avec les enjeux actuels de la profession.

    À travers cette prise de fonction, c’est aussi l’engagement du Groupe ABC en faveur d’une expertise immobilière structurée, indépendante et reconnue qui se trouve mis en lumière. Le Groupe ABC adresse à Albert MALAQUIN toutes ses félicitations et lui souhaite pleine réussite dans l’exercice de ses nouvelles fonctions.

  • Réal Valuation

    La tension entre “valeur assurantielle” et “valeur économique”

    La distinction entre la valeur assurantielle et la valeur économique d’un bien immobilier se pose désormais comme un enjeu majeur en 2025. D’un côté, la valeur assurantielle — c’est-à-dire la valeur de reconstruction ou de remplacement à neuf d’un bâtiment — a fortement augmenté du fait de l’augmentation des coûts de construction, de matériaux, de main-d’œuvre ainsi que des exigences réglementaires plus strictes. De l’autre, la valeur économique — c’est-à-dire la valeur que le marché est réellement prêt à payer aujourd’hui pour un actif tel quel, sur la base de ses revenus, de son emplacement, de son obsolescence ou de ses coûts futurs — reste sous pression. Ce décalage s’est amplifié, générant des écarts importants dans les expertises immobilières.

     

    Les prix des travaux et de la construction ont connu une inflation remarquable ces dernières années. Dans ce contexte, un immeuble acquis ou construit aujourd’hui devra souvent faire face à des coûts beaucoup plus élevés s’il doit être reconstruit ou remis à neuf. C’est cette réalité qui alimente la valeur assurantielle : par exemple, les estimations de reconstruction intègrent un niveau de coût qui peut être +20 % à +40 % supérieur à ce qu’il y a cinq ans. Pourtant, sur le marché, la demande pour certains actifs est stagnante ou en recul (immobilier tertiaire obsolète, surfaces mal classées énergétiquement), et les investisseurs exigent des rendements plus élevés ou des primes de risque plus fortes. Ainsi la valeur économique se trouve compressée malgré des coûts de remplacement élevés.

     

    Pour les experts immobiliers, cette situation complexifie grandement l’évaluation des biens. Il ne suffit plus d’aligner la valeur vénale sur le coût de reconstruction, car cela supposerait que le marché remboursera ce coût — ce qui n’est pas toujours le cas. L’écart entre valeur assurantielle et valeur économique impose une réflexion sur le risque d’arbitrage : un actif pourrait coûter beaucoup à remettre aux normes ou à reconstruire, mais générer des revenus actuels insuffisants pour justifier cet investissement. L’expert doit alors modéliser les deux dimensions : ce que coûterait le remplacement / reconstruction, et ce que le marché accepte réellement compte tenu de l’exploitation, des coûts futurs, et de la demande. Cette dualité enrichit les scénarios d’évaluation : analyse « coût + reconstruction », valeur « revenu courant », et sensibilité à l’évolution des coûts futurs ou des conditions de financement.

     

    Ce phénomène est d’autant plus important dans certains segments : l’immobilier de bureaux anciens, les centres commerciaux peu performants, les entrepôts non adaptés ou encore les immeubles résidentiels énergivores. Tous ces actifs voient leur valeur économique chuter ou stagner alors que leur coût théorique de reconstruction augmente. Pour un propriétaire ou un investisseur, cela pose la question de savoir s’il est préférable de rénover, de démolir/reconstruire ou de céder l’actif. L’expert est appelé à recommander une stratégie, souvent en évaluant trois scénarios : le maintien en l’état, la rénovation, ou la reconstruction intégrale — avec les coûts associés à chaque trajectoire.

     

    En conclusion, l’année 2025 marque un tournant : la valeur d’un bien immobilier n’est plus simplement fonction de ses surfaces, de sa localisation ou du rendement qu’il génère, mais aussi de l’écart entre ce qu’il devrait coûter pour être remis à niveau et ce qu’il rapportera effectivement. Cette tension entre coût de remplacement et rentabilité exploitive rend l’expertise immobilière encore plus stratégique et complexe. Dans ce contexte, les professionnels doivent maîtriser à la fois les paramètres techniques (coûts de construction, normes, CapEx) et les paramètres de marché (demande, loyers, vacance, taux de rendement). Ce nouveau paradigme impose une attention accrue à la méthode et à la modélisation des différents scénarios de valeur.

     

  • Réal Valuation

    Le marché du coliving en France

    Le concept du coliving, en quelques mots

    Principalement tourné vers des profils mobiles (jeunes actifs, freelances, étudiants internationaux), le coliving offre aujourd’hui :

    – des espaces privatifs (studios/ chambres meublés) et des zones collectives (coworking, salles de sport, restauration, détente…) ;

    – des services intégrés ou à la carte (conciergerie, programme d’événements, ménage, WiFi haut-débit).

    – des formules de bail plus flexibles qu’un bail classique : durées variées (1-12 mois voire plus), préavis court, tout compris ou semi-tout compris.

    Ce modèle répond aux nouveaux parcours résidentiels : mobilité professionnelle, télétravail, séparation, cohabitation intergénérationnelle, transition vers la vie active ou la retraite.

    Le cadre juridique reste encore flou (location meublée vs hôtelier vs résidence services) : il pourrait évoluer dans les années à venir pour mieux adapter un statut spécifique au coliving.

     

    Principales caractéristiques du marché en 2025

    Marché & volumes

    • Le marché du coliving en France connaît une très forte progression : on recense près de 25 000 places (lit / chambre ou espace privatif) fin 2025, contre environ 12 000 en 2023.
    • L’investissement institutionnel se renforce : en 2025, le montant investi en France dans le coliving atteint ≈ 455 millions € selon certaines sources.
    • À l’échelle mondiale, le marché (tous formats confondus) est estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars avec une croissance annuelle de l’ordre de +7,5 % à +9,5 % selon les études récentes.

    Rendements & attentions investisseurs

    • Pour les investisseurs, le modèle est de plus en plus visible comme une « asset class » alternative dans le logement.
    • Les rendements attendus dans certaines opérations coliving sont indiqués dans une fourchette de 5 % à 6 % pour les actifs bien situés et bien exploités.
    • Comme pour toute classe d’actifs émergente : la sélection de l’exploitant, la localisation, la qualité opérationnelle et la maîtrise des services sont devenues des critères structurants.
    • Les modèles doivent aussi anticiper certains risques : flou légal (statut du bail, fiscalité), adaptation aux politiques urbaines/collectivités, potentiel d’opposition locale, alourdissement des coûts, vacance.

    Évolutions du profil utilisateur & formats

    – Le profil des utilisateurs s’élargit : outre les jeunes actifs, on compte maintenant : télétravailleurs, digital nomads, étudiants internationaux, seniors autonomes cherchant du lien social.

    – Les formats de coliving se diversifient : urbain (métropoles), intergénérationnel (jeunes + seniors), thématique (sport, art, tech, écologie), rural ou en périphérie (revitalisation de patrimoines).

    Cadre juridique et régime

    – Le cadre juridique demeure incertain : le coliving n’a pas encore de statut uniforme en France, ce qui pose des enjeux pour la fiscalité, l’urbanisme, l’encadrement des loyers et la distinction entre location meublée et modèle hôtelier.

    – Cette incertitude juridique est un facteur de risque pour les investisseurs (et les collectivités). Une adaptation règlementaire pourrait intervenir à moyen terme.

     

    2025 : principaux ajustements

    – Le marché a pris de l’ampleur : le nombre de lits/places et les montants investis sont nettement supérieurs aux chiffres anciens (2019-2020).

    – La fourchette de rendement attendue a été revue vers le haut pour les bons dossiers (≈5-6 % contre 3,5-5 % auparavant).

    – Le modèle s’est élargi à de nouveaux profils d’utilisateurs et à des formats diversifiés (rural, intergénérationnel, thématique).

    – Le cadre juridique reste un sujet majeur : alors que vous évoquiez un « modèle émergeant », nous sommes désormais dans une phase de « consolidation » avec maturité progressive mais toujours des zones grises à surveiller.

    – Le coliving n’est plus seulement “émergeant”, mais s’impose comme une vraie alternative habitative en 2025, avec des investisseurs institutionnels, des volumes et une visibilité accrue.