Le concept du coliving, en quelques mots
Principalement tourné vers des profils mobiles (jeunes actifs, freelances, étudiants internationaux), le coliving offre aujourd’hui :
– des espaces privatifs (studios/ chambres meublés) et des zones collectives (coworking, salles de sport, restauration, détente…) ;
– des services intégrés ou à la carte (conciergerie, programme d’événements, ménage, WiFi haut-débit).
– des formules de bail plus flexibles qu’un bail classique : durées variées (1-12 mois voire plus), préavis court, tout compris ou semi-tout compris.
Ce modèle répond aux nouveaux parcours résidentiels : mobilité professionnelle, télétravail, séparation, cohabitation intergénérationnelle, transition vers la vie active ou la retraite.
Le cadre juridique reste encore flou (location meublée vs hôtelier vs résidence services) : il pourrait évoluer dans les années à venir pour mieux adapter un statut spécifique au coliving.
Principales caractéristiques du marché en 2025
Marché & volumes
- Le marché du coliving en France connaît une très forte progression : on recense près de 25 000 places (lit / chambre ou espace privatif) fin 2025, contre environ 12 000 en 2023.
- L’investissement institutionnel se renforce : en 2025, le montant investi en France dans le coliving atteint ≈ 455 millions € selon certaines sources.
- À l’échelle mondiale, le marché (tous formats confondus) est estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars avec une croissance annuelle de l’ordre de +7,5 % à +9,5 % selon les études récentes.
Rendements & attentions investisseurs
- Pour les investisseurs, le modèle est de plus en plus visible comme une « asset class » alternative dans le logement.
- Les rendements attendus dans certaines opérations coliving sont indiqués dans une fourchette de 5 % à 6 % pour les actifs bien situés et bien exploités.
- Comme pour toute classe d’actifs émergente : la sélection de l’exploitant, la localisation, la qualité opérationnelle et la maîtrise des services sont devenues des critères structurants.
- Les modèles doivent aussi anticiper certains risques : flou légal (statut du bail, fiscalité), adaptation aux politiques urbaines/collectivités, potentiel d’opposition locale, alourdissement des coûts, vacance.
Évolutions du profil utilisateur & formats
– Le profil des utilisateurs s’élargit : outre les jeunes actifs, on compte maintenant : télétravailleurs, digital nomads, étudiants internationaux, seniors autonomes cherchant du lien social.
– Les formats de coliving se diversifient : urbain (métropoles), intergénérationnel (jeunes + seniors), thématique (sport, art, tech, écologie), rural ou en périphérie (revitalisation de patrimoines).
Cadre juridique et régime
– Le cadre juridique demeure incertain : le coliving n’a pas encore de statut uniforme en France, ce qui pose des enjeux pour la fiscalité, l’urbanisme, l’encadrement des loyers et la distinction entre location meublée et modèle hôtelier.
– Cette incertitude juridique est un facteur de risque pour les investisseurs (et les collectivités). Une adaptation règlementaire pourrait intervenir à moyen terme.
2025 : principaux ajustements
– Le marché a pris de l’ampleur : le nombre de lits/places et les montants investis sont nettement supérieurs aux chiffres anciens (2019-2020).
– La fourchette de rendement attendue a été revue vers le haut pour les bons dossiers (≈5-6 % contre 3,5-5 % auparavant).
– Le modèle s’est élargi à de nouveaux profils d’utilisateurs et à des formats diversifiés (rural, intergénérationnel, thématique).
– Le cadre juridique reste un sujet majeur : alors que vous évoquiez un « modèle émergeant », nous sommes désormais dans une phase de « consolidation » avec maturité progressive mais toujours des zones grises à surveiller.
– Le coliving n’est plus seulement “émergeant”, mais s’impose comme une vraie alternative habitative en 2025, avec des investisseurs institutionnels, des volumes et une visibilité accrue.