Principal vecteur du schéma de consommation contemporain, le centre commercial est apparu au XIXe siècle avec la galerie marchande (Bazar de l’Hôtel de ville en 1856 à Paris).
Son avènement, dans les années 1960, et son développement constant impactent le paysage immobilier commercial.
Véritable secteur spécifique de l’immobilier d’entreprise, il est un composant important des portefeuilles de foncières cotées et d’investisseurs spécialisés et possède de nombreux atouts qui font son attractivité.
Introduits en France à la fin des années 60 (plus précisément en 1969 avec l’ouverture de Parly 2 près de Versailles et de Cap 3000 à Saint-Laurent du Var), les centres commerciaux représentent une réponse mercantile adaptée aux besoins des consommateurs, inspirée des grands « Malls » à l’américaine.
Ils bénéficient d’un engouement certain de la part des investisseurs, attirés par la pérennité des centres commerciaux due en partie au contrôle des ouvertures de nouvelles surfaces par les commissions départementales d’aménagement commercial.
Pionniers dans leur domaine, ils doivent aujourd’hui faire face à une concurrence multiple :
– parcs d’activités commerciales
– expansion du « click & collect »
– croissance soutenue du e-commerce
– prise de conscience générale française avec un retour de certains consommateurs au commerce de proximité
Face à ces menaces, les concepteurs et gestionnaires spécialisés de centres commerciaux disposent des outils suivants :
– rénovation des surfaces de vente (élément n°1 plébiscité par les clients)
– remodelage des espaces communs et du parcours client
– numérisation des services et extension des fonctions dites « connectées »
– multiplication des enseignes avec une recherche d’exclusivité et de qualité/prix
– services étendus (stationnement, navettes, animations, spectacles etc.)
– diversification par rapport aux centres commerciaux voisins (ex : ouverture dominicale)
À noter que l’on assiste depuis plusieurs années au retour du centre commercial de centre-ville.
Généralement, le taux de vacance est inversement proportionnel à la densité de population de la commune et à la taille du centre commercial, et les centres les plus touchés par la vacance s’avèrent être les plus petits.
Les principaux éléments influant sur la valeur des centres commerciaux
– sa localisation, premier élément de valeur, elle influe sur :
– l’accessibilité (routière et transports en commun)
– le pouvoir d’achat et la population comprise dans sa zone de chalandise
– la proximité de la concurrence
– son attractivité, notamment fonction de :
– locomotives en présence
– conception architecturale
– innovations ou concept
– attractivité locative (chiffre d’affaire potentiel, loyer chargé etc.)
– la qualité de ses constructions, ainsi que son état d’entretien
– la qualité et la sécurité de ses revenus locatifs :
– signature des locataires
– durée ferme des baux
– déplafonnement possible ou non
– vacance structurelle
L’évaluation d’un centre commercial passe impérativement par la confrontation des revenus locatifs face à la valeur locative de marché. Cette dernière s’analyse par type de local selon les éléments suivants :
– les qualités physiques de la cellule commerciale :
– dimensions
– configuration (étroite, ruptures de charge, mètres linéaires de vitrine etc.)
– localisation dans le centre commercial (locomotives adjacentes, passage journalier, nuisances etc.)
– les éléments propres au centre commercial :
– niveaux locatifs dans le centre commercial (attractivité, concurrence d’autres CC, potentiels de consommation de la zone de chalandise)
– niveaux de charges
– les éléments contractuels liés au locataire :
– durée et durée ferme des baux
– nature de l’activité (le taux d’effort varie d’une activité à l’autre, une activité de bijouterie pouvant générer un CA en €/m² supérieur à une enseigne de prêt-à-porter)
– chiffre d’affaires annuel et déclenchement ou non du loyer variable